FRANCE INTERCEPTE NOUVEAU PÉTROLIER RUSSE EN MÉDITERRANÉE

La Marine française a arraisonné jeudi 22 janvier matin, en mer Méditerranée, un pétrolier en provenance de Russie, selon l’annonce du président Emmanuel Macron. Le tanker est soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Marseille.

Ce pétrolier, le Grinch, « sous sanctions internationales et suspecté d’arborer un faux pavillon », a été intercepté « avec le concours de plusieurs de nos alliés », a annoncé sur X le président Emmanuel Macron.

Le Grinch, pétrolier russe en provenance de Mourmansk, a été arraisonné en mer d’Alboran, au sud de l’Espagne, après le passage de Gibraltar. Cet espace est surveillé de près par les marines espagnole et française. C’est une frégate multimission de la Marine française qui a mené l’opération au moyen de son hélicoptère Caiman. L’ensemble de l’opération est conforme au droit maritime international : lorsque le pavillon d’un navire semble douteux, il est possible d’envoyer à bord une équipe de visite pour mener des investigations.

En l’occurrence, l’identité du pétrolier en provenance de Russie n’était pas claire et posait problème. Sous le nom de Grinch, il figure sur la liste des navires de la flotte fantôme russe placés sous sanction par le Royaume-Uni. En revanche, sur la liste établie par l’Union européenne et les États-Unis, il est connu sous le nom de Carl. Ce jeudi matin, ce pétrolier nommé Carl arborait un pavillon comorien.

Une enquête judiciaire a donc été ouverte à Marseille, le navire doit rejoindre les eaux françaises. L’enquête de pavillon se poursuit, et le message à la Russie est on ne peut plus clair : les navires de la flotte fantôme russe ne peuvent plus désormais naviguer en toute impunité dans les eaux européennes.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué l’arraisonnement du Grinch. « Merci à la France. C’est exactement le type de détermination nécessaire pour faire en sorte que le pétrole russe ne finance plus la guerre de la Russie », a-t-il réagi sur X.

Le chef de l’État français avait appelé début octobre les Européens à franchir un « pas » dans la « politique d’entrave » de ces navires, dont le commerce pétrolier permet à Moscou de financer « 30 % à 40 % » de son effort de guerre contre l’Ukraine.